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Santé mentale et bienfaits de l'exercice physique

La charge liée aux  troubles mentaux à travers le monde ne cesse d’augmenter , avec des conséquences en terme de santé publique et sociales considérables.1 Nombre de ces troubles mentaux sont connus pour réduire l’espérance de vie autant, voire plus, que le tabagisme intensif, en raison du taux élevé de mortalité et de suicide qui leurs sont associés.2

Il existe de nombreux types de troubles mentaux. Ils se caractérisent généralement par une combinaison de différents signescomme des pensées,  des perceptions, des émotions, des comportements et des rapports à autrui ‘anormaux’.1 Ces troubles mentaux  comprennent la dépression, les troubles bipolaires, la schizophrénie et d’autres psychosesdémences et troubles liés au développement, y compris l’autisme.1 La dépression est le trouble le plus fréquent et l’on estime à 300 millions le nombre  de personne qui en souffrent à travers le monde.1 Les femmes sont plus touchées que les hommes.1

Les preuves des effets positifs de l’exercice physique sur les troubles mentaux ne cessent d’augmenter. Par exemple, dans une étude récente,3 tant les hommes que les femmes ont montré un grand intérêt pour l’exercice physique en plus de leur traitement contre la dépression. Au total 102 individus (dont 50 % de femmes, âge moyen = 39 [ET = 13,1 ; tranche d’âge : 18 - 62], 83 % de type caucasien) vraisemblablement atteints de dépression majeure ont répondu à un questionnaire en ligne sur leurs préférences et leurs réticences à faire plus d’exercices physiques pour le traitement de leur dépression. Les hommes comme les femmes ont montré un grand intérêt pour le programme.3 En moyenne, les participants ont préféré un programme de marche individuel et encadré par un coaching à domicile, dans lequel il leur était demandé de s’engager  plus longuement plusieurs fois par semaine.3 Il est intéressant de noter que la volonté de participer était élevée même parmi ceux déjà sous traitement, ce qui suggère que ce groupe de patients considère également que  l’exercice physique est un complément au traitement psychiatrique de la dépression, tout à fait acceptable.3 Bien que les patients atteints d’un problème physique soient moins susceptibles de participer à une activité physique en raison de leur handicap, la majorité de ces patients a malgré tout montré un intérêt pour ce programme.3 les personnes pratiquant déjà une activité physique ont montré le plus grand intérêt et perçu la valeur d’un programme adapté au traitement de la dépression. Les personnes sédentaires peuvent avoir besoin d’un soutien motivationnel avant d’entamer un tel programme.3 D’importantes variations ont été observées entre les hommes et les femmes et au sein même de ces deux groupes. Le manque de motivation, l’humeur et la fatigue ont été rapportés comme des obstacles à la pratique de l’exercice physique chez la majorité des participants des deux sexes.3

Une autre étude a analysé l’association entre le niveau d’activité physique lié aux déplacements et aux loisirs et plusieurs indicateurs  de santé (la qualité de vie, les effets secondaires liés aux médicaments, la dépression et l’anxiété situationnelle et réactionnelle) chez des patients souffrants d’épilepsie.4 La principale constatation de cette étude est que l’amélioration de l’état de santé des individus atteints d’épilepsie était associée à l’activité physique.4 En terme de qualité de vie, plus le niveau d’activité physique est élevé, meilleure est la qualité de vie, ce qui laisse à penser que l’activité physique influence positivement l’état de santé et pourrait constituer un traitement non pharmacologique pour les personnes atteintes d’épilepsie.4

De même, une revue de la littérature a mis en évidence que la pratique d’une activité physique a un impact tant sur les paramètres physiques que mentaux des troubles de l’humeur.5 Pratiquer une activité physique a également un effet positif sur les comorbidités fréquemment associées aux troubles de l’humeur (c.-à-d. l’anxiété, la douleur et l’insomnie). Les auteurs ont identifié plusieurs biomarqueurs  de l’exercice, comme  le facteur neurotrophique dérivé du cerveau et le stress oxydatif  en tant que  composants prometteurs de l’effet antidépresseur de l’exercice physique.5 Ils ont conclu que l’exercice physique semble un complément thérapeutique encourageant contre les troubles de l’humeur.5

Les études mentionnées ci-dessus  décrivent amplement certaines preuves que l’exercice et l’activité physique sont des facteurs d’amélioration de la qualité de vie des patients atteints de troubles mentaux.3,4,5 Les conclusions de ces études laissent à penser qu’introduire l’activité physique dans le programme de soins des patients atteints de troubles mentaux peut être une recommandation positive.

Références :

  1. WHO Factsheets on Mental Health, http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs396/en/  
  2. Chesnay, E. et al; Risks of All-cause and Suicide Mortality in Mental Disorders: A Meta-review; World Psychiatry 2014;13:153–160;
  3.  Busch A.M et al; Preferences for Exercise As A Treatment for Depression, Volume 10, March 2016, Pages 68-72  
  4. Hafele, C.A et al; Are physical activity levels associated with better health outcomes in people with epilepsy?; Epilepsy and Behaviour, Volume 72, July 2017, Pages 28–34;
  5. Hearing et al,  Curr Behav Neurosci Rep. 2016 Dec;3(4):350-359;

Filing number -170700 - March 2017 

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